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Poème d'amitié Baudelaire 

 


Deux beaux poèmes d'amitié Charles Baudelaire offerte pour exprimer vos sentiments d'amitié. Consultez nos plus belles citations d'amitié,  découvrez les meilleures phrases d'amitié sur notre blog.

Poème d'amitié Baudelaire
Beau poème d'amitié Baudelaire

Il me dit qu'il était très riche,

Mais qu'il craignait le choléra ;
— Que de son or il était chiche,
Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ;

— Qu'il raffolait de la nature,
Ayant connu monsieur Corot ;
— Qu'il n'avait pas encor voiture,
Mais que cela viendrait bientôt ;

— Qu'il aimait le marbre et la brique,
Les bois noirs et les bois dorés ;
— Qu'il possédait dans sa fabrique
Trois contremaîtres décorés ;

— Qu'il avait, sans compter le reste,
Vingt mille actions sur le Nord ;
Qu'il avait trouvé, pour un zeste,
Des encadrements d'Oppenord ;

— Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !)
Dans le bric-à-brac jusqu'au cou,
Et qu'au Marché des Patriarches
Il avait fait plus d'un bon coup ;

— Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme,
Ni sa mère ; — mais qu'il croyait
À l'immortalité de l'âme,
Et qu'il avait lu Niboyet !

— Qu'il penchait pour l'amour physique,
Et qu'à Rome, séjour d'ennui,
Une femme, d'ailleurs phtisique,
Etait morte d'amour pour lui.

Pendant trois heures et demie,
Ce bavard, venu de Tournai,
M'a dégoisé toute sa vie ;
J'en ai le cerveau consterné.

S'il fallait décrire ma peine,
Ce serait à n'en plus finir ;
Je me disais, domptant ma haine :
« Au moins, si je pouvais dormir ! »

Comme un qui n'est pas à son aise,
Et qui n'ose pas s'en aller,
Je frottais de mon cul ma chaise,
Rêvant de le faire empaler.

Ce monstre se nomme Bastogne ;
Il fuyait devant le fléau.
Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne,
Ou j'irai me jeter à l'eau,

Si dans ce Paris, qu'il redoute,
Quand chacun sera retourné,
Je trouve encore sur ma route
Ce fléau, natif de Tournai.

 Le fou et la Vénus

Quelle admirable journée!
Le vaste parc se pâme sous l'œil brûlant du soleil,
comme la jeunesse sous la domination de l'Amour.
L'extase universelle des choses ne s'exprime par aucun bruit;
les eaux elles-mêmes sont comme endormies.
Bien différente des fêtes humaines, c'est ici une orgie silencieuse.

On dirait qu'une lumière toujours croissante fait de plus en plus étinceler les objets;
que les fleurs excitées brûlent du désir de rivaliser avec l'azur du ciel par l'énergie de leurs couleurs,
et que la chaleur, rendant visibles les parfums,
les fait monter vers l'astre comme des fumées.

Cependant, dans cette jouissance universelle,
j'ai aperçu un être affligé.
Aux pieds d'une colossale
Vénus, un de ces fous artificiels,
un de ces bouffons volontaires chargés de faire rire les rois quand le Remords ou l'Ennui les obsède,
affublé d'un costume éclatant et ridicule,
coiffé de cornes et de sonnettes,
tout ramassé contre le piédestal, lève des yeux pleins de larmes vers l'immortelle Déesse.

Et ses yeux disent: - "Je suis le dernier et le plus solitaire des humains,
privé d'amour et d'amitié,
etbien inférieur en cela au plus imparfait des animaux.
Cependant je suis fait, moi aussi, pour comprendre
et sentir l'immortelle Beauté! Ah! Déesse! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire!"
Mais l'implacable Vénus regarde au loin je ne sais quoi avec ses yeux de marbre.
Posted by Mayno Ammoun On 07:47
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